Chapitre 5

– Il n’y a que deux opérateurs qui fonctionnent par ici.

Le chauffeur de taxi, un homme d’âge mûr m’adresse un sourire moqueur par-dessus son épaule, amusé de m’entendre pester contre le manque de réseau.

Je râle et range mon portable.

– Il faut croire que le mien n’en fait pas partie.

À cinq heures ce matin, avant de prendre mon premier vol, j’avais acheté une carte prépayée pour l’international. Pas de chance ! Pourvu qu’il y ait le Wi-Fi chez mon père ou cette semaine risque de mettre ma patience à rude épreuve.

Le chauffeur conduit doucement en direction du petit aéroport régional d’où décollera mon quatrième et dernier vol. Un chauffeur m’attend près du tapis roulant à bagages avec une pancarte sur laquelle on peut lire « Calla Fletcher » en lettres capitales. Après quinze heures de vol, dont l’un a été retardé à Seattle, cela fait plaisir d’être accueillie ainsi.

Mon attention se porte vers un petit avion à skis qui vient de décoller dans les airs, sa carlingue rouge détonnant contre le bleu du ciel. Allais-je voyager dans un coucou de ce genre ?

– Première fois à Anchorage ?

– Oui.

– Qu’est-ce qui vous amène ?

– Je rends visite à quelqu’un.

L’homme essaye simplement de faire la conversation mais j’ai l’estomac qui fait du yo-yo. Je me concentre sur ma respiration et tâche de me calmer en observant le paysage – l’eau est bleue comme du cobalt, une végétation luxuriante nous entoure de toute part et la blancheur immaculée d’une chaîne de montagne point à l’horizon. Tout à fait le type de paysage qu’à décrit Diana lorsque je lui ai parlé de l’Alaska. Dans l’avion précédent, j’étais restée le nez collé contre le hublot, fascinée par cette vaste mosaïque d’arbres et de lacs.

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